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Grand-Prix de Singapour 2019

Par soudoplatov, le samedi 21 Septembre 2019

Grand-Prix de Singapour 2019
 
 
 
 
Le Monégasque Charles Leclerc s'est offert une nouvelle pole et a encore mis sous l'éteignoir son quadruple Champion du Monde de coéquipier.
 
 
 
 
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Parfait timing pour lui qui tord le bras de la Scuderia après le jeu de poker menteur de Monza où Vettel avait fait allégeance, qu'il pensait passagère, à son jeune compagnon de garage, lors des qualifications.
 
Pour sauver l'honneur de son leader officiel, Binotto nous avait joué pendant le tour d'honneur une comédie à l'italienne dans une ultime tentative de préserver la paix des ménages en interne, en "pardonnant" à Leclerc de n'avoir pas aspiré Vettel pendant la Q3 lombarde...
 
Mais il est vrai qu'on n'avait rien vu ni rien compris, n'est-ce pas M. Binotto ?!
 
Ah ! La comm' en F1, c'est vraiment une part non négligeable du plaisir qu'on tire de cette discipline d'excellence... Et là Niki Lauda nous a manqué pour ruer dans les brancards avec son humour pince sans rire. Comme Bernie Ecclestone et Gerhard Berger ne sont plus dans la boucle depuis un moment, on s'ennuyait déjà un peu...
 
Mais après son énorme et énième bévue au 6ème tour du Grand-Prix d'Italie, l'heure n'est plus aux faux-semblants pour l'Allemand.
 
 
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De "coéquipier" Vettel va donc devenir par la force des choses un "équipier".
 
Lui qui avait pris ombrage l'an passé de voir Raikkonen lui jouer un tour lors des qualifs de Monza 2018 doit maintenant bien regretter de l'avoir laissé partir chez l'écurie-soeur Alfa Romeo et de n'avoir pas pesé de tout son poids pour laisser Leclerc sur le banc Alfa un an de plus.
 
Rappelons que si le jeune Monégasque est titulaire chez les Rouges, c'est parce que c'était le voeux du Président de Ferrari Sergio Marchionne (décédé pendant l'Été 2018), comme la poursuite d'une histoire qu'il n'avait pu conclure avec la disparition de Jules Bianchi, le mentor de Charles Leclerc.
 
 
Mais revenons à la piste...
 
 
 
 
 
Derrière Leclerc et Hamilton, Vettel partira en deuxième ligne aux côtés d'un très bon Verstappen si son contact avec le mur n'entraîne pas de changements importants d'organes mécaniques et sa sortie du "Parc fermé". Ça peut être agité à un moment ou un autre puisqu'ils vont devoir s'aligner tactiquement l'un sur l'autre si le premier tour ne bouscule pas l'ordre des choses.
 
 
 
 
De toute façon tout le monde pour sa question bonus du Big Tournoi cher à chris & co. a imaginé à quel moment pourrait sortir un safety car… N'est-ce pas ?!
Je me suis laissé tenter par un peloton coupé en deux lorsque Verstappen et Vettel risquent de se retrouver à nouveau après leur pit stop. En effet tous devant prendront le départ avec les gommes rouges C5 (les plus tendres) avec lesquelles ils ont fait leur meilleur chrono en Q2 (scénario N°1).
 
 
 
 
 
 
Enfin si ces deux-là le passent ce premier tour... et que celui-ci se passe dans la sagesse à tous les étages du peloton. et là une autre donnée a son importance.
 
La longueur et le type particulier du tracé propose normalement une grille par écuries façon Hockenheim, coéquipiers côte à côte, phénomène amplifié par le fait que les développements sont presque figés hors Top Teams.
La hiérarchie pilotes au sein des équipes ainsi que celle des écuries entre elles est donc parlante... Et tout le monde n'est pas encore assuré de son contrat 2020, loin de là...
Quant à ceux qui le sont... suivez mon regard Monsieur Magnussen.
 
Toutes les usines sont certes encore au travail sur les évolutions des monoplaces de cette année mais elles n'apparaîtront dorénavant qu'en mode fugace en essais libres (les essais privés sont ridiculement limités à notre époque) et que si une écurie a une vraie chance d'améliorer son classement (et les copieuses subsides qui tomberont avec).
 

Les évolutions seront donc parcellaires dans les semaines qui viennent puisqu'elles seront en fait destinées aux voitures de l'an prochain, les dernières du règlement actuel…
 
Hors motorisation… On a atteint un pic de développement cette année, un vrai seuil -donc une plus grande homogénéité des forces- de ces formidables "unités de puissance" hybrides, véritables et extraordinaires "usines à inerties". Les technologies des adversaires se sont alignées les unes sur les autres.
 
Mais là, chaque avancée même si elle semble minime dans l'absolu ne peut maintenant être assimilée et intégrée chez les adversaires qu'après des mois même si tous progressent de plus de 50 chevaux par an.
Celui qui sort un artifice même ponctuel marque donc un gros coup.
 
Une F1 reste donc une monoplace faite pour rouler le plus vite possible sur un tour de circuit (où une "unité de puissance" 2019 peut afficher plus de 1000 chevaux de puissance instantanée en course - pour une cylindrée de 1.6 litres du composant thermique), mais relativement seule pour obtenir un rendement aérodynamique important. D'où le nouveau règlement 2021...
 
 
 
Hors Top Team (et encore...) personne ne dévoilera donc de nouveau package aéro complet, histoire de ne pas montrer ses cartes 2020.
 
La F1 étant prédictible (mais toujours imprévisible) l'avantage de cette fin de saison restera l'an prochain aux poches les plus pleines où on aura la même hiérarchie, avec le triumvirat Mercedes / Ferrari / Red Bull en tête.
 
Beaucoup de forces sont depuis des semaines, des mois déjà requises pour le design des F1 2021 qui répondront au nouveau règlement avec le retour aux Wing Cars à effet de sol, avec remplacement du fond plat par de vrais tunnels aérodynamiques dans les pontons et sous la voiture.
 
 
 
 
Il n'y aura donc là encore pas de révolution à attendre, puisque le règlement 2021 s'accompagne d'une nouvelle  "réduction des coûts". Les poches pleines peuvent donc courir plusieurs lièvres à la fois... fin 2019, 2020, 2021.
 
Cette campagne de réduction des coûts entraîne une autre conséquence.
 
Chaque Top Team et son motoriste se devra d'avoir des rapports avec ses écuries satellites encore plus étroits, puisque leurs "enveloppes temps et budget" de soufflerie, d'ingénierie seront en fait destinées pour une bonne part à leurs grandes soeurs comme c'était le cas on s'en souvient du binôme Red Bull-Toro Rosso il y a quelques années.
 
Plus personne maintenant chez leurs adversaires pour se plaindre de telles associations...
 
 
Ferrari emmène le train Alfa et la remorque Haas, Mercedes a dans sa besace Williams F1 et Racing Point.
 
Mercedes vient d'ailleurs de couper l'herbe sous le pied de Renault en prolongeant avec un an d'avance, son contrat de motoriste avec Williams, pourtant financièrement exsangue, jusqu'en 2025 !
 
 
 
Et là, Renault a un gros problème. À sa tête, le sieur Abitboul, prisonnier de son ego, n'a pas voulu anticiper, préférant la posture du rebelle qui pourrait tirer bénéfice de la situation en traînant des pieds au Groupe Mondial.
Mais les années 2020 ne sont plus les années 80, 90 ou 2000, c'est une attitude qui ne rapporte que des miettes, pas une vraie part du gâteau. Le Losange va donc être esseulé et son avenir est sombre...
Car McLaren est un client récalcitrant qui ne sera jamais son vassal ! Et personne d'autre n'est sur les rangs, les reins de Renault ne sont pas si solides, et sa fidélité très très relative à la F1 n'est pas tenue, à raison, en haute considération.
 
Un Losange qui vient de recruter Esteban Ocon et laisser libre Nico Hulkenberg, alors que Romain Grosjean est reconduit une dernière fois chez Haas, et que l'avenir de Pierre Gasly chez Red Bull est dorénavant barré.
 
Le Bleu-Blanc-Rouge en F1 a l'air bien installé, mais à vrai dire ne s'offre pas un avenir en couleur...
 
La bannière tricolore ne semble plus avoir les moyens de briller en Formule 1.
 
 
 

soudoplatov
72 lectures

Commentaires 12 commentaires

soudoplatov soudoplatov

dimanche 22 Septembre 2019 à 10h57

En F1, en raison des forts enjeux technologiques, industriels, politiques, marketing, financiers et bien sûr sportifs, chez les pilotes comme chez les constructeurs et motoristes, ce qui n'est pas clairement interdit est de fait autorisé.

Un peu trop de latitude sur un sujet et ça vire à l'inflation débridée tout de suite. Dans les années 2000 on fonçait vers des budgets astronomiques de 800 millions ! Maintenant, une équipe comme Mercedes tourne autour de 500 millions d'euros par an, constructeur + motoriste. Même si on y inclut pas le budget marketing par exemple...

Alors étudier une astuce pour déborder des limites en qualifs, ça peut se trouver….
soudoplatov soudoplatov

dimanche 22 Septembre 2019 à 10h38

Bien sûr.

Chacun des organes qui joue un rôle dans les "unités de puissance" hybrides est limité tant en nombre qu'en puissance.

Le but de cette motorisation en F1 est d'en tirer non pas la plus grande puissance mais le meilleur rendement énergétique avec en plus de la fiabilité.

La F1 prend une technologie, la développe à marche forcée ; mais cette fois les instances ont choisi quelle voie était à privilégier.

Le "moteur" de qualifs est donc le même que celui de la course et devra en faire au moins six dans l'année.

Ce qui n'empêche pas qu'il existe le fameux "mode fiesta" pour les qualifs où la liberté de jouer sur la puissance et la fiabilité est plus grande. On se souvient de Ferrari injectant son huile dans l'essence, mode qui fit, avant d'être réglementée, tâche d'huile


Mais qui prend le risque de sortir de son allocation de composants moteurs (bloc thermique, MGU, ECU, etc...) sait qu'il se prendra de grosse pénalités de grille.
kakane45 kakane45

dimanche 22 Septembre 2019 à 10h27

il y a aussi des limite de puissance en qualification?
soudoplatov soudoplatov

samedi 21 Septembre 2019 à 23h35

Bah on vient de porter la poisse à Ricciardo et Renault… Ou pas !

L'Australien est exclu des qualifications du Grand-Prix pour avoir dépassé la limite autorisée de puissance du MGU-K...


https://www.zupimages.net/up/19/38/5lc9.jpg
soudoplatov soudoplatov

samedi 21 Septembre 2019 à 22h41

La deuxième partie des "Unités de Puissance", ce sont les usines à inertie… Les systèmes de récupération de l'énergie cinétique.

Il y en a deux :

D'abord te souviens-tu du KERS (SREC en français -revois les images de Monza 2011 entre Schumacher et Hamilton- sur ce post
https://www.soprono.com/billets/monza-minestrone_5375.html ) ?

C'était pour certains un volant à inertie, pour d'autres un générateur électrique, avec stockage de l'énergie récupérée du freinage dans des batteries, puis celle-ci était renvoyé dans le moteur via le volant moteur ou la transmission.

Eh bien il existe toujours largement modernisé (le volant à inertie, trop lourd et limité a été abandonné en F1) sous le nom de MGU-K, utilisable où et quand les pilotes le décident.

Il y a aussi son binôme, le MGU-H, qui lui fait de même avec le turbo…


Lorsqu'une F1 a les feux arrière qui clignotent, c'est lorsqu'elle recharge ses batteries... Il suffit pour cela au pilote de relâcher l'accélérateur plus tôt, avant même le freinage.


Toute cette énergie électrique s'additionne à celle du bloc thermique, faisait dépasser à cette cavalerie parfois plus de 1500 chevaux (en puissance instantanée)… Ce dont se vantait déjà Renault il y a quelques mois, provoquant des remarques perfides de Max Verstappen passé au Honda en début d'année.

Voilà à peu près les grandes aventures des unités de puissance hybrides actuelles qu'il faut surveiller comme le lait sur le feu… Parce que si on les laissait libre, ce serait ingérable pour les pilotes.
kakane45 kakane45

samedi 21 Septembre 2019 à 22h27

merci de l'eclaircissement l'ami,je serais moin bete ce soir
soudoplatov soudoplatov

samedi 21 Septembre 2019 à 22h21

Le BMW des 80's, c'est plus de 1100 chevaux qu'il fallait lire… Les turbos sont allés jusqu'à près de 1500 chevaux, mais c'était impossible à faire rouler sans laisser ses pneus, sa boîte, et tout le reste derrière soi dès les premiers mètres…

Rappelons que par exemple TAG-Porsche (McLaren de 1983 à 1987) utilisait des moteurs spécifiques à chaque circuit, plusieurs par week-end... du délire en mode jetable… On peut même en trouver des collectionneurs !!!


Mais actuellement, on limite le nombre de blocs moteurs à quelques uns dans l'année (trois en tout !!!!!!), ainsi que les boîtes de vitesses, les ECU, mais aussi tout le reste que je vais évoquer maintenant...
soudoplatov soudoplatov

samedi 21 Septembre 2019 à 22h12

Une "unité de puissance" en F1, c'est une composante thermique, un V6 turbocompressé de 1.6 litres, donné pour environ 1000 chevaux ponctuels.

Pourquoi ponctuels ? Parce que ce moteur est contrôlé et même jugulé par une ECU commune à toutes les F1, un "cerveau" qui l'empêche d'avoir des pics de puissance exagérés ou que les équipes conçoivent des programmations trop spécifiques aux tracés. Ainsi, ça reste aux pilotes de changer leurs réglages plusieurs fois par tour comme on le faisait pour la "richesse" en carburant il y a bien longtemps.

C'est par exemple l'ECU (fourni par la FIA) du moteur Honda qui a empêché Verstappen de se battre en qualifs à Monza, un excès de patinage sur les vibreurs ayant entraîné des pics de puissance exagérés, l'ECU a alors mis la moteur thermique en mode "sécurité".

De plus il y a un débitmètre qui limite l'apport en carburant, pour juguler cette fois la puissance en limitant la consommation instantanée à 100 kilos par heure. Daniel Ricciardo fut l'objet d'une disqualification retentissante en 2014 à l'arrivée des motorisations hybrides parce que le débitmètre du moteur Renault prenait ses aises… La FIA a du serrer les boulons, les ingénieurs étant ce qu'ils sont...

Parce qu'en revenant aux V6 turbos, les instances ne voulaient pas qu'on revienne au délire des années 80 où le fameux BMW 4 cylindres turbo 1.5 litres développait plus de 110 chevaux en qualifications.

Avec les matériaux actuels, et les possibilités offertes par la programmation d'une ECU libre, on en serait déjà à des avions de chasse sur roues… rien que pour le moteur thermique !

Consommation instantanée et limitée, puissance instantanée, tout ça est donc ponctuel et fortement limité.
kakane45 kakane45

samedi 21 Septembre 2019 à 21h46

tes sur pour les 1000 bourrins soudoplatov?ça fait pas beaucoup pour un 1,6L?
soudoplatov soudoplatov

samedi 21 Septembre 2019 à 21h08

Le Pole Lap de Charles Leclerc.



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soudoplatov soudoplatov

samedi 21 Septembre 2019 à 20h11

Moins que toute la saison de Ligue 2... Là, c'est vraiment mis à la poubelle.

Maintenant, dans le genre faux dilemme, on peut évoquer l'écran blanc des pages facebook qui représentent à chaque instant l'énergie de plusieurs réacteurs nucléaires, les applications des smartphones, sans compter leurs mises à jour, qui consomment des millions de batteries à chaque minutes, etc...


Alors la démagogie… On peut opposer des tas de choses à 21 Grand-Prix de F1 par an… dont les stades de football du monde entier, tous les jours ou presque, pour vraiment là pas grand chose… et les terrains de foot, souvent en zones constructibles en plus, dans le moindre village de presque tous les pays du monde… qu'on se plait à remplir de gazon en plus…


#Sophismes style
lemmy37 lemmy37

samedi 21 Septembre 2019 à 20h02

autant d'énergie( lumière) foutu en l'air pour si peut