Cachez-moi donc ce saint...
<font size="1"><p>C’est rare que je me réveille à 9h du mat’ un dimanche pour envoyer ma chronique lesbleusienne. Mais, le souvenir du match d’hier est encore bien chaud, alors profitons-en pour sortir l’artillerie lourde.</p> </font>
Bizarre. Il y a toujours quelque chose de troublant dans une victoire lyonnaise au derby. Comme si cette victoire appartenait, revenait de droit, au fantôme à boulet du foot français, l’AS St-Etienne. Pourtant, depuis 1994, le derby est franchement une affaire lyonnaise, de la même façon que le championnat, depuis 5 ans est aussi une affaire lyonnaise.
Donc, alors que ce match ne devrait pas faire problème, les lyonnais l’abordent systématiquement avec beaucoup de pression. D’où l’énervement justifié de Aulas, lorsque, sans raison sérieuse, les verts refusent de jouer le match plut tôt. De la même façon qu’il y aura toujours un fan club stéphanois du - Porto - PSV – Milan AC – Roma – qui se créée à quelques jours d’un tour européen de l’OL, il est inacceptable pour un vert de songer à simplement faciliter la tâche de son adversaire régional. C’est viscéral chez le vert. Alors que toute la France du foot est derrière l’OL ou Lille en C1, les verts, toujours scotchés à leurs poteaux carrés, continuent de croire qu’ils sont la légende du foot français. Je rappelle à ce titre que seules deux équipes française sont allées au bout en Europe et aucune de ces deux équipes ne s’appelle ASSE.
Donc, ni le derby, ni l’Europe ne sont des propriétés stéphanoises.
L’histoire stéphanoise en Europe relève de l’anecdote, à comparer à celles de l’OL, Bordeaux ou Marseille. D’ailleurs, de cette histoire, on ne se souvient que d’une anecdote, n’est ce pas ?
Remettons également les choses en place au niveau des supporters. Je n’ai jamais tellement aimé les groupes genre Bad Gones. Ce n’est pas ma façon de voir les choses, en tant que supporter. Mais bon, ils assurent l’ambiance et font du bruit. Là encore, le meilleur public de France est supposément celui du chaudron. Or, nous l’avons vu hier, si l’on mesure la qualité d’un public à son fair play, son respect du jeu et de l’autre, son attachement à soutenir son club quand ça va mal, le chaudron a montré qu’il mérite la D2. Je le répète encore, sûrement que les groupes de supporters lyonnais ne valent pas mieux, mais Lyon ne s’est jamais donné le titre de meilleur public de France.
Quand aux présidents, pour en finir avec les comparaisons, je crois que l’histoire de l’ASSE est bourrée de magouilles et autres caisses noires, de mauvaise foi et de mensonges, qualités qui sont généralement reprochées au patron de la CEGID. Or, qui peut reprocher la moindre magouille avérée à Aulas ? Qui peut reprocher (ce n’est pas un jeu de mot) à un club 5 fois champion de France, omniprésent en phase finale de
C1 depuis 5 ans, de demander à ce qu’un match soit avancé pour gagner une nuit de sommeil ? Surtout quand on lit la veille dans le journal que le préfet de la Loire obéit aux ordres de l’ASSE, pour assouvir une vengeance à propos de l’affaire Piquionne ? Faut pas exagérer. Je ne suis pas toujours d’accord avec Aulas, je l’ai souvent écrit ici. Mais là, il s’agit encore d’un sale coup et un sale coup qui vient des verts.
Monopoles, comparaisons, bon droit. On pourrait éventuellement discuter.
Mais là où il n’y avait pas discussion hier, c’était sur le terrain. A part quelques petites étincelles stéphanoises, je n’ai vu que du rouge hier soir. (Même dans les tribunes, le ping-pong de fumigènes était rouge). J’ai vu un Tiago brillantissime, auteur d’un but extrêmement intelligent. J’ai vu un Lyon mordant, à l’image de Fred qui va au pressing sur Janot (le gardien, pas le pastis), et qui provoque indirectement le premier but. J’ai vu un Govou peu inspiré mais combatif, qui sait ne pas toujours se laisser tomber, même quand il a toute la garde verte sur le dos. J’ai vu une défense solide, de bonnes relances, un Källström et un Malouda pleins de jus, un Diarra juste.
Seul Toulalan m’a un peu déçu. Je le trouve très énervé et son jeu en souffre. Coupet a été décisif sur les 2 seuls tirs verts de la partie.
Quant au but vert, c’était un pur cadeau de la défense, pour éviter une énième humiliation de forme aux stéphs-à-la noix.
Bref, la seule vérité est celle du terrain. Je crois qu’il va nous falloir encore 30 ans supporter l’irrationnelle pensée que l’ASSE représente quelque chose dans le foot français. Pourtant, ce club, ses supporters et ses dirigeants devraient se remettre à leur place d’eux-mêmes. Ouvrir un musée de leur exploit pour en finir avec leurs passés (hé, hé…) et se reconnaître enfin comme un club moyen, de milieu de tableau, capable de remplir un stade simplement parce que le samedi à St-Etienne, il n’y a rien d’autre à faire.
Allez, il n’y a pas de haine de notre côté. L’affaire est entendue depuis longtemps. Ils pourront toujours nous piquer nos banderoles, nous tirer des scuds sur la tête. Le résultat est le même depuis 13 ans :
St-Etienne, en foot, est vraiment la banlieue de Lyon. Y’a même les racailles qui vont avec, comme dirait Sarko.
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