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Chroniques de l'Euro: 2016

Par magicjool, le vendredi 28 Mai 2021

Chroniques de l\'Euro: 2016

     Chers soproniens, nous sommes à deux semaines de l'Euro 2020 et il est temps pour moi de revenir sur la dernière édition et de vous en livrer une nouvelle chronique. Cette fois-ci, tout comme ce fût le cas l'Euro 84, c'est la France qui est le pays hôte de ces joutes continentales. Sur 3 des titres internationaux du foot français, 2 ont été remportés sur son sol. Il est donc évident que les attentes du public sont immenses. De plus, les bleus sont en quête de rédemption, entamée 4 ans plus tôt au mondial brésilien, avec à la baguette Didier Deschamps. Car oui, le dernier fait vraiment marquant du foot français est l'épisode du bus de Knysna. La mission est vertigineuse tant l'image du football est tombée bas. Alors certes, le quart de final du mondial 2014 ont redonné un élan positif aux bleus mais l'Euro 2016 tombe comme l'occasion unique d'effacer le passé.

Je m'arrête là dans cette part du récit pour revenir au début, au sportif de cette compétition, les qualifications. Les bleus sont bien sur exempts car qualifiés d'office en tant que pays organisateur. Cette fois, il y aura 23 tickets à décrocher. C'est en 2008 à Bordeaux qu'il avait été décidé que cette édition 2016 verrait l'épreuve passer à 24 participants. Ils seront 53 pays à se les disputer. Grâce à cet élargissement , ce n'est pas de 5 nations qui vont se qualifier pour leur premier Euro, l'Islande, l'Irlande du nord, le pays de Galles, l'Albanie et la Slovaquie. Pour l'anecdote, il ne manque que l'Ecosse pour avoir dans la même compétition l'ensemble du Royaume Uni. Les deux Irlandes sont elles présentes. Il ne manque qu'un grand cador européen, les Pays-Bas qui terminent seulement à la quatrième place du groupe A devancés par la République tchèque, l'Islande et la Turquie. Un cataclysme pour les Oranje. Enfin, je tiens à signaler le retour de la Hongrie qui participe à sa première grande compétition depuis 44ans et la demi-finale de l'Euro 72.

La compétition aura lieu du 10 juin au 10 juillet 2016. Elle se déroulera sous la forme d'un premier tour qui verront 6 groupes de 4 équipes s'affronter. Les deux premiers de chaque groupe passent en huitièmes de finale, ainsi que les 4 meilleurs troisièmes.

 

La France va ouvrir le bal pour le compte du groupe A dans un match qui l'oppose à la Roumanie. Il s'agit de ne pas rater son entrée. Et il va falloir attendre la 57ème minute pour voir le premier but des bleus, inscrit par Giroud. Seulement, on sent les français crispés par l'enjeu qui comme dit en introduction de cette chronique, dépasse le simple sportif. Il s'agit d'embarquer le public dans l'aventure. Mais là patatra, pénalty pour la Roumanie à la 65ème, transformé par Stancu. Tout est à refaire, et les supporters deviennent fébriles, moi de même. Heureusement Payet va libérer tout un peuple grâce à une pépite à la 89ème minute, accouchement heureux dans la douleur. 5 jours plus tard, contre l'Albanie, le stress monte encore d'un cran, la différence ne se faisant qu'à la 90ème par Griezman et à la 96ème avec Payet de nouveau. Les bleus ne brillent pas mais prennent les points. La première place se profile. Reste le match contre la Suisse qui a tour à tour battu l'Albanie 1 à 0 et fait le nul 1 partout avec les roumains. Ce dernier match de groupe se terminera sur un 0 à 0. L'Albanie remportera son duel face à la Roumanie 1 à 0 pour l'honneur puisque ces 3 points ne suffisent pas à terminer dans les meilleurs troisièmes.

Le groupe B est très ouvert, Russie, Pays de Galles, Slovaquie et Angleterre le composent. Les deux novices à ce niveau, gallois et slovaques débutent dans un match agréable remporté 2 à 1 par le Pays de Galles porté par un grand Gareth Bale(10ème), auteur du premier but sur coup franc et Robson-Kanu (81ème) qui libère les siens malgré l'égalisation de Duda(61ème). La Russie parvient à arracher le nul à la 92ème minute grâce à Bérézoutski, face aux anglais qui avait ouvert la marque à la 73ème par Dier. Lors de leur deuxième rencontre, les russes vont s'incliner. La Slovaquie marque 2 fois par Weiss et Hamsik, la Russie réduira la marque à la 80ème par Glouchakov. L'Angleterre quant à elle, remporte le duel britannique face aux gallois 2 à 1. Bale ouvre le score à la 42ème mais Vardy égalise à la 56ème et Sturridge vient arracher le succès à la 92ème. Un Euro sous le signe du suspens. Le Pays de Galles gagne aisément sa dernière rencontre 3 à 0 face à la Russie. Les russes comptaient sur cet Euro comme un galop d'essai pour leur coupe du monde dans 2 ans, il va leur falloir travailler dur s'il ne veulent pas subir même camouflet devant Poutine et la nation. Dans l'autre rencontre, Angleterre et Slovaquie se quittent sur un match nul et vierge, ce qui les qualifient à la 2ème et troisième place derrière les gallois.

Dans le groupe C, Allemagne, Pologne, Ukraine et Irlande du nord vont livrer bataille. Tout d'abord, la Pologne bat l'Irlande du nord 1 à 0, but de Milik. Les allemands eux, remporte leur rencontre face aux ukrainiens 2 à 0, buts de Mustafi(19ème) et Schweinsteiger (92ème). Allemands et Polonais se quittent ensuite dos à dos sans marquer. Les Irlandais vont eux battre les ukrainiens 2 à 0, première victoire pour une première participation. Pour les derniers matchs, Gomez(30ème) offre la victoire aux germaniques face à l'Irlande du nord. La Pologne gagne 1 à 0 également contre l'Ukraine sur un but de Blaszczykowski. L'Irlande du nord n'a que 3 points mais entre dans les meilleurs troisièmes eu égard à leur goal average. L'Allemagne est première pour les mêmes raisons.

Le groupe D était certainement le plus dur à pronostiquer du tournoi, certainement le groupe dit « de la mort ». L'Espagne, double tenante du titre, qui sort d'un catastrophique mondial 2014, doit jouer la Croatie, la République tchèque et la Turquie. La Roja commence par une victoire contre les tchèques 1 à 0 grâce à Piqué à la 87ème. La Croatie bat la Turquie 1 à 0 également sur un but de Modric (41ème). L'Espagne confirme lors de son second match en écrasant la Turquie 3 à 0, doublé de Morata (34ème et 48ème) et Nolito (38ème). La Croatie, elle, cale légèrement contre les tchèques. Le 11 au damier prend pourtant le large, Pericic (37ème) et Rakitic (59ème), avant de voir les tchèque revenir par Skoda (76ème) puis égaliser sur un penalty à la 93ème minute inscrit par Necid. La République Tchèque ne réussira pas à aller chercher une qualification, elle s'incline 2 à 0 contre les turcs. Croatie et Espagne se dispute donc la première place. Et les croates vont ébrécher la belle machine espagnole. Pourtant , la roja ouvre la marque très tôt par Morata à la 7ème minute. Peut-être trop tôt car la Croatie a le temps de revenir sans paniquer. L'égalisation va venir de Kalinic juste avant la mi-temps. Comme souvent dans cet Euro, c'est en fin de match, à la 87ème, que Perisic inscrit le but victorieux. Le sol français fait briller les croates.

Le groupe E réunit l'Italie, la Suède, l'Irlande (Eire) et la Belgique. Les belges débutent contre l'Italie. Ce sont les transalpins qui vont remporter la rencontre 2 à 0, buts de Giacherrini (32ème) et Pellé(93ème). Irlande et Suède se séparent sur un nul 1 partout, Hoolahan ouvre la marque à la 42ème et Clark à la 71ème marque contre son camp, offrant ainsi l'égalisation. L'Italie enchaine une seconde victoire contre la Suède 1 à 0, but de Eder. La Belgique, grâce à un doublé de Lukaku et un but de Witsel, l'emporte 3 à 0 contre l'Irlande. D'ailleurs, ils confirment lors du dernier match en battant la Suède de Zlatan, 1 à 0 , Naingollan à la 84ème. La vrai surprise va venir des irlandais qui vont battre l'Italie sur un but de Hoolahan à la 84ème, prenant ainsi place parmi les meilleurs troisièmes.

Nous arrivons enfin au groupe F, celui du Portugal, de la Hongrie, de l'Islande et de l'Autriche. Si les lusitaniens font au départ figure de grand favori du groupe, cela ne va pas être aussi simple. Les hongrois démarrent les hostilités contre l'Autriche, Szalai (62ème) et Stieber (87ème) offrent un succès probant à la sélection magyar. Le Portugal semble lancé dans son match face à l'Islande lorsque Nani ouvre le score à la 31ème minute. Pourtant leur adversaire s'accroche et fait mieux que résister. Les coéquipier de Ronaldo semble se contenter de tenir mais ils finissent par craquer. En début de seconde mi-temps, Bjarnasson égalise. Le score en restera là. La sensation islandaise démarre. Face à une Hongrie sur un nuage, c'est bien l'Islande qui prend l'avantage dans la deuxième journée. But sur pénalty de Sigurosson à la 40ème. En fin de match, comme il est maintenant de coutume, à la 87ème minute, lors d'une action pas si dangereuse, le malheureux Saevarsson glisse le ballon dans ses propres filets... Le match se termine sur ce score de parité. Le Portugal doit aller chercher les 3 points contre l'Autriche mais n'arrive pas à marquer. Ronaldo rate même un penalty qui s'écrase sur le poteau. Score nul et vierge. Le favori portugais est en bien mauvaise posture. Pour les derniers matchs de la poule, l'Islande rencontre l'Autriche. La petite équipe surprise ouvre le score à la 18ème minute par Boovarsson. L'exploit est à portée devant un public viking très joyeux, qui va rendre célèbre le claping. Mais les autrichiens ne veulent pas quitter l'Euro sans se battre et ils égalisent à l'heure de jeu, but de Schopf. Le suspens est à son comble car l'Autriche en gagnant se qualifierait pour les huitièmes. Le mot d'ordre de cet Euro est bien entendu le suspens et c'est au bout des arrêts de jeu que Traustason offre une victoir historique et la deuxième place du groupe à l'Islande. Reste maintenant l'affiche entre Portugal et Hongrie. Et ce sont les magyar qui prennent l'initiative. Gera ouvre le score à la 19ème minute. A ce moment là, le Portugal dit au revoir à l'Euro. Mais c'est sans compter sur un homme bien décidé à ne pas mourir sans se battre. L'homme de ce match, c'est Ronaldo, lui qui veut absolument gagner un titre majeur avec le Portugal, et qui participe à son 4ème Euro. A la 42ème minute, il sert Nani qui égalise. Le protugal semble sonner la révolte. Pourtant, ils vont être sonné encore une fois dés le retour des vestiaire. Dzsudzsak à la 47ème, redonne l'avantage à la Hongrie. On voit dans le regard et l'attitude de Ronaldo que le bonhomme est vexé. Et c'est lui qui va aller remettre son pays sur les rails, à la 50ème, d'une incroyable madjer à la réception d'un centre de Joao Mario. Il devient par la même occasion le premier joueur à marquer dans 4 édition différente de l'Euro. Mais il était écrit que rien ne serait épargné aux supporters lusitaniens. 5 minutes plus tard, d'une frappe lointaine, et déviée, Dzsudzsak donne une nouvelle fois l'avantage à la Hongrie. Un scénario incroyable pour l'un des matchs les plus spectaculaires du tournoi. On voit Ronaldo fulminer littéralement de colère sur le terrain. Hors de questions de sortir la tête basse. 62Ème minute, corner portugais joué à la rémoise, centre de Quaresma, Ronaldo surgit pour placer un coup de tête rageur que n'aurait pas renié Patrick Dewaere. 3 partout. On en restera là, la Hongrie prend la première place du groupe. Les Portugais avec seulement 3 points mais un goal average à 0 décroche de justesse une place de meilleur troisième mais le statut de favori qui leur était octroyé s'est bien ébréché.

 

Nous arrivons maintenant au stade des huitièmes de finale, à partir de maintenant les choses sérieuses commencent. On débute avec Suisse – Pologne. Match serré où les polonais croient prendre un avantage décisif à la 39ème sur un but de Blaszczykowski. Mais vous connaissez la chanson et à la 82ème minute Shaqiri reprend d'une volée magnifique le ballon à l'entrée de la surface pour le propulser au fond des filets et emmener tout ce beau monde en prolongation. Plus rien ne sera marqué. La décision se fait aux tirs au but. C'est le malheureux Xhaka qui commettra le seul raté de cette série. La Pologne s'offre un quart de finale.

Le match suivant est une affiche inédite dans un Euro, opposant Pays de Galles et Irlande du nord. Les Irlandais sont courageux et solides derrières mais manquent d'armes offensives. Les gallois eux ont du mal à trouver la solution. Et tout se décidera sur un centre gallois que le malchanceux McCauley veut dégager, propulsant la balle dans ses filets (75ème). 1 à 0, suffisant pour envoyer le Pays de Galles en quarts.

Les croates, très convaincants en poule, ont du maudire leur première place. En effet, en tirant le Portugal parmi les meilleurs 3èmes, ils héritent d'un cadeau empoisonné. Nous, à l'inverse, nous réjouissons d'une affiche si alléchante sur le papier. Le match va être décevant, très fermé, crispant de suspens. Il faut attendre la fin des prolongations, la 117ème minute pour voir le match soudain s'emballer et offrir sa décision. Les croates tirent un corner, Rui patricio repousse le ballon d'une incroyable parade, on a cru au but croate mais ce sont les portugais qui lancent la contre attaque, le ballon finissant dans les pieds de Ronaldo dans la surface qui peut frapper. Subasic dévie le ballon qui part flottant devant le but vide, offrande pour Quaresma qui a bien suivi et n'a plus qu'à pousser de la tête le ballon au fond des filets. Le Portugal atteint les quarts poussivement.

C'est au tour du pays hôte de jouer son huitième de finale face à la République d'Irlande, adversaire compliqué et tout sauf anodin pour des bleus en quête de rédemption. Ici, c'est le spectre des barrages de qualification à la coupe du monde 2010 et la main de Thierry Henry qui va planer au dessus de la rencontre. Les irlandais ont faim de victoire, pour se rendre justice. D'ailleurs, les bleus sont trop timorés dans ce début de match, pris par l'enjeu et incapable comme lors du premier tour de trouver le déclic qui va leur permettre de se lâcher enfin dans le jeu. Et finalement ce déclic va venir d'un but irlandais. Dés la 2ème minute, penalty pour l'Eire, Brady le transforme avec un peu de réussite. C'est peut-être le scénario catastrophe qu'il fallait à ces hommes. Maintenant, il ne s'agit plus de réparer le passé mais de faire preuve de caractère pour éviter un échec au présent. Et un homme va se révéler dans ce match, lui aussi en quête de rédemption personnelle, il s'agit d'Antoine Griezman. En effet, en 2013, alors qu'il est en sélection espoirs, il fait une virée nocturne avec 3 autres joueurs dont BenYedder et Mavinga, 3 jours avant un match décisif contre la Norvège pour la qualification à l'Euro espoirs. Les bleuets perdront ce match 5 à 3. La responsabilité des joueurs sera soulevée en commission de discipline. Griezman se voit interdit de maillot bleu pendant une année. Lui l'espoir évoluant à la Real Sociedad accuse gravement le coup. Il va alors tout donner sur le terrain en club pour être au top quand la suspension sera finie. Ces 3 autres comparses ne verront plus le maillot bleu. Sauf Ben Yedder qui reviendra en sélection en 2018, il fait partie des 23 de l'Euro 2020. Sa suspension est levée en 2014, juste à temps pour lui permettre d'intégrer la sélection de Deschamps pour le mondial 2014. Mais c'est réellement lors de cet Euro et de ce match qu'il endosse le costume de leader dans cet équipe de France. Et donc, c'est lors de cette rencontre que le public va voir éclabousser ce talentueux joueur qui inscrit l'égalisation à la 58ème minute d'une tête rageuse sur un centre de Sagna. 3 minute plus tard, Antoine remet le couvert, seul face au gardien à la suite d'une déviation de la tête magnifique de Giroud. Avec sang froid, il envoie la France en quarts. Griezman devient Grizou. Le public semble enfin communier avec ses bleus.

Nous allons pouvoir souffler un peu avec la rencontre Allemagne – slovaquie. Pas de surprise, victoire 3 à0 de la Mannschaft, buts signés Boateng (8ème), Gomez (43ème) et Draxler (63ème). Les allemands sont toujours dans les grands rendez-vous.

Pour le match entre Belgique et Hongrie, on attendait du beau football et du suspens. Les hongrois avaient failli sortir le Portugal de la compétition. Pourtant, l'enjeu va tétaniser les magyar et les belges offrent un récital, Alderweireld ouvre le score à la 10ème minute. Les hongrois sont mieux par la suite mais manquent de réalisme. En fin de match, ils laissent des espaces dont vont profiter Batshuayi à la 78ème, Hazard à la 80ème et Carrasco à la 91ème. Un doux parfum de L1 pour cet Euro français.

Arrive maintenant un classique des joutes continentales, Italie-Espagne. Les deux pays ne sont pas dans leur meilleur moment de l'histoire. Et dans ce duel latin, ce sont les transalpins qui vont tirer leur épingles du jeu. Chiellini ouvre la marque à la 33ème minute de jeu. Pellè scellera le score à la 91ème, offrant aux siens la revanche de la dernière finale de l'Euro.

Enfin, on termine ces huitièmes avec la sensation islandaise. Opposé à l'Angleterre, on ne mise pas une pièce sur les iliens. Le penalty obtenu à la 4ème minute et mis au fond des filets par Rooney semble confirmer le destin qui attend les islandais. Pourtant, à peine 2 minutes après, suite à une longue touche dans la surface anglaise, le ballon est dévié de la tête par Arnasson jusqu'à Sigurosson qui marque. A la 18ème, après une belle phase collective Sigborsson donne l'avantage à son équipe. Les vikings ne lâcheront rien et garderont jusqu'au bout leur avance, signant un exploit retentissant. Une histoire comme on les aime dans ces chroniques.

 

Les quarts de finale sont maintenant connus. Tout d'abord, nous allons retrouver la Pologne contre le Portugal. Une fois encore, les lusitaniens ne vont pas se rendre la tâche aisée. Les polonais sortent également d'une longue bataille contre les suisses. Ils entament pourtant le match tambour battant, inscrivant un but dés la deuxième minute par le pas encore incontournable Lewandowski. Mais les portugais ont cette qualité de ne rien lâcher et de savoir réagir. Ainsi, à la 33ème minute, Sanches inscrit le but magnifique de l'égalisation. Va s'en suivre un match avec des occasions mais pas de réussite de part et d'autre. Se dessine doucement mais surement une séance de tirs au but. Les 4 premiers tirs portugais sont réussis. Blaszczykowski s'approche mais voit son tir repoussé par Rui Patricio, impressionnant durant ce tournoi. Quaresma peut donc sceller le sort de cette rencontre et s'exécute. La Pologne n'a pas besoin de tirer son dernier penalty. Le Portugal passe encore au bout du suspens.

Le second quart oppose la Belgique au Pays de Galles. Les diables rouges sont annoncés favoris de ce match. Et l'entame donne raison aux bookmakers puisque Naingollan ouvre le score à la 13ème minute. Mais les gallois ne s'en laisse pas montrer et reprennent le match en main. La défense belge est solide, mais face aux tentatives galloises finit par craquer à la 31ème, Williams à la finition. En seconde période, Robson-Kanu (55ème) donne l'avantage aux britanniques. La Belgique ne parviendra pas à revenir, ce sont même les gallois qui finissent par creuser un écart décisif en toute fin de match par Vokes à la 86ème minute. Les diables rouges déçoivent un peu mais étaient peut-être encore un peu tendre pour prétendre aller au bout de cet Euro, nul doute que les années à venir verront cette équipe aller plus haut.

Pour le troisième quart, nous avons le droit à un classique une nouvelle fois, Allemagne face à Italie. Rien à ajouter, vous avez déjà une tonne d'images et de souvenirs qui se bousculent dans vos têtes. A joutons que la manschaft n'a jamais battu l'Italie jusque là en rencontre officielle. Les transalpins peuvent donc démarrer ce match en confiance. Ce sont pourtant les allemands qui dominent une rencontre d'un très bon niveau, surement l'une des meilleures du tournoi, à l'image de leur demi finale du mondial 2006. Et ce sont eux qui vont ouvrir le score à la 65ème sur un but d'Ozil. Les italiens ne paniquent pas et agissent en contre. Ils finissent par obtenir un penalty à la 78ème, Bonucci ne tremble pas et arrache les prolongations. S'en suit un match où les deux équipes se créent des occasions sans conclure. Finalement la décision se fera aux tirs au but. Là encore, les deux sélection rendent ce moment épique. Il faudra 9 tirs au but de chaque côté pour arriver à un qualifié, 3 ratés pour les allemands, 4 pour les italiens... Pour la première fois, les allemands éliminent l'Italie mais ne les ont toujours pas battu en rencontre officielle.

Il ne reste plus qu'une place dans le dernier carré et elle se disputera entre la France et les cindirellas de l'Euro, l'Islande. Un match prometteur. Les bleus semble s'être trouvé un esprit de groupe dans l'adversité du huitième de finale. On les sent résolus à ne pas prendre un match à la légère. Pour l'Islande, chaque match est une fête, ils défendront crânement leur chance. Pour ma part, je me souviens de ce match comme celui qui m'a bizarrement le moins inquiété du tournoi alors même que l'Islande était l'équipe à ne pas sous-estimer. Ce n'est pas le déroulement de la rencontre qui va pourtant me faire douter, bien au contraire. Les bleus démarrent à fond et marchent sur l'eau. Premier coup de semonce, 12ème minute, but de Giroud. Puis à la 20ème, Pogba double la mise. A la 43ème, Payet enfonce le clou. Et Griezman, 2 minutes après, juste avant le retour au vestiaire, inscrit le 4 à 0. Implacable. Retour à la réalité pour l'Islande. La France est le premier pays à inscrire 4 but en une mi-temps lors d'un Euro. En seconde période, les vikings montre leur courage et leur abnégation en réduisant le score à la 56ème minute par Sigborsson. Malheureusement, Giroud douche tout espoir d'exploit en inscrivant le cinquième but des bleus à la 59ème minute. Cela n'empêchera pas l'Islande de tout donner jusqu'au coup de sifflet final. Il inscriront un second but à la 84ème par Bjarnasson. La France retrouvera en demi un vieil ennemi.

 

Nous connaissons à présent le final four, le dernier carré de cet Euro. Tous les espoirs sont permis, à 2 marches du rêve. Les deux premières équipes à entrer dans l'arène sont le Portugal et le Pays de Galles. Belle affiche qui voit face à face les 2 comparses du Real Madrid, Ronaldo et Bale. La première mi-temps est pauvre dans son contenu, enjeu oblige, les adversaires ne se livrent pas et guettent les coups. Les blocs sont bien en place, difficile alors de trouver la faille. Mais la seconde période devient plus intéressante. Ce sont les lusitaniens qui vont mieux maitriser le jeu pour logiquement aboutir à l'ouverture du score signée Ronaldo, à la 50ème minute. Il ne faudra que 3 minutes pour que les portugais doublent la mise. Une frappe de Ronaldo déviée par Nani. Vous l'aurez compris, c'est dans les grands moments que l'on retrouve les grands joueurs. Sur ce match Ronaldo aura été décisif, s'approchant plus que jamais du premier grand titre tant espéré en sélection. A signaler ici, il s'agit seulement de la seconde victoire du Portugal en 6 match, et la première obtenue dans le temps réglementaire.

Il reste donc le gros morceau des demis dans notre cœur de supporter biberonné à Séville et au drame footballistique moite d'une nuit d'été. France – Allemagne. Les bleus face à la malédiction germanique. Ces mêmes guerriers teutons qui nous ont sortis en quart du mondial 2 ans plus tôt pour aller se nicher sur le toit du monde. Le pays hôte contre le grand favori. Pas de place pour l'à peu près, il va falloir réciter du grand football si l'on ne veut pas vivre une déculottée à la brésilienne. Les allemands ont été présents en demi-finale des 6 dernières compétitions majeures. Le match est tendu mais équilibré. On sent que la première équipe qui va craquer va peut-être le regretter. Alors que l'on s'approche de la mi-temps sur un 0-0 qui nous fait trembler, un centre dans la surface allemande est touché de la main par Schweinsteiger. Nous sommes à la 47ème minute, l'arbitre indique sans hésiter le point de penalty, les allemands discutent la décision mais celle-ci est inéluctable, et les ralentis nous réconforte en confirmant que cette main est bien réelle. Pour les supporters des bleus, il s'agit de gagner honnêtement. Griezman pose le ballon au point de penalty, il prend ses responsabilités. C'est lui qui porte sur ses épaules le sort du match. Il s'élance et c'est au fond !!! Les français rentrent au vestiaires avec un but d'avance, si peu et pourtant tellement. En seconde période, les bleus, plus sûrs d'eux, libérés d'un poids, semblent prendre petit à petit l'ascendant sur le jeu. Les allemands ne semble pas trouver la faille du bloc bleu. 72Ème minute, un centre dans la surface pour la tête de Giroud, Neuer sort et arrive d'une main ferme à repousser le ballon mais malheureusement pour lui, c'est Grizou qui surgit pour pousser celui-ci au fond des filets. 2 à 0, le break est fait. Rien ne saurait maintenant empêcher cette victoire historique. Les bleus de Deschamps s'ouvre la porte de la finale de leur Euro. Qu'Est-ce qui pourrait les empêcher d'aller au bout après avoir conjuré la malédiction germanique ?

 

Le 10 juillet 2016, Saint-Denis, le Stade de France. Les bleus ont à nouveau rendez-vous avec l'histoire. Nous osions à peine y croire un mois auparavant mais maintenant 75868 spectateurs attendent la consécration. Un dernier obstacle sur la route, la Seleçao, mais pas celle de 98, pas le même ronaldo non plus. Le Portugal a disputé 3 prolongations, les français aucune. La France compte 5 victoire pour un nul, le Portugal 2 victoires et 4 nuls. Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne.

Le coup d'envoi est donné. Les bleus prennent le contrôle du ballon et vont se créer de belles occasions. Les portugais défendent bien et ne paniquent pas. 8Ème minute, contact un peu appuyé entre Payet et Ronaldo, ce dernier est sorti du terrain sur civière. Quelques minutes de flottements sur le match, CR7 fait son retour. Une dizaine de minute après cela, il s'effondre sur le terrain en larme. Cristiano doit quitter définitivement le match. A la 25ème minute, le joueur clé du Portugal n'est plus là, doit-on y voir un signe ? Cela ne semble pas diminuer les lusitaniens, ceux-ci semblant soudain plus solidaire, plus difficiles à bouger. Les bleus dominent cette finale mais rien n'y fait. 0 à 0 à la pause. La deuxième mi-temps est similaire, domination française stérile. Les supporters rongent leur frein, leurs ongles et attaquent la première phalange. Que faut-il donc faire pour mettre ce ballon au fond des filets de Rui Patricio ? Rien ne marche, Coman rentre, puis Gignac. On se dirige vers les prolongations.

Un homme va jouer les trublions. Eder est entré en fin de match à la place de Sanches. Nous arrivons à la fin des prolongations. 107Ème minute, Eder touche le ballon de la main avant l'entrée de la surface mais la faute est attribué à Koscielny, Guerreiro envoie le ballon sur la transversale. Dans la foulée, énorme occasion française dans la surface portugaise, le ballon est dans les pieds de Gignac qui frappe... poteau !!!!! Le sort n'a pas encore rendu son verdict. Un ballon anodin part en touche dans les 40 mètres français. Koscielny ne tient pas du tout le marquage sur Eder qui se retrouve avec le ballon, file vers le but, frappe de 25 mêtre et marque !!!!! A la 109ème minute, les rêves français sont brisés. Les portugais remportent le championnat d'Europe. Deschamps fait grise mine mais l'essentiel n'est pas là. Les bleus ont gagné une chose lors de cet Euro, le cœur des supporters qui se sont enfin réunis en communion avec cette équipe. J'avais la rage ce soir là, j'ai même été un brin mauvais perdant, criant au scandale de la victoire portugaise que le système à 24 équipes a sauvé d'un naufrage au premier tour. Malgré tout, avec le recul, quelle résilience pour cette équipe portugaise qui s'est même offert le luxe d'aller chercher cette victoire sans leur star. Cruelle ironie du football qui pour lui offrir ce titre tant espéré, l'a finalement privé de finale. Il ne sera pas le héro de cette histoire, ce sera le presque anonyme Eder qui restera celui qui a marqué le but le plus important du football portugais. Il reste aux bleus toute une histoire à écrire encore mais ça, c'est une autre histoire...

 

Magicjool alias Julien Dehodencq

magicjool
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Commentaires 3 commentaires

Zimourinho Zimourinho

samedi 29 Mai 2021 à 08h55

Merci Julien c'est sympa tous ces bons souvenirs et un grand merci à notre buteur d'avoir "EDER" notre pays à enfin remporter un titre majeur
Leitaozinho Leitaozinho

samedi 29 Mai 2021 à 01h14

Bravo pour ce résumé rapide!
C’était sympa de se remémorer tout ça !
plitvice22 plitvice22

vendredi 28 Mai 2021 à 23h09

Bravo Juju pour cette chronique complète. Cet Euro était quand même un peu terne sans mes Oranje